L’arrivée des joueurs est devenue plus attendue qu’un événement de la Fashion week (avec Koundé en tête, il faut se le dire). Tous arrivent mieux sapés les uns que les autres avec des pièces à quelques milliers d’euros. 

Si Beckham et Ronaldo nous ont déjà aguiché avec des flows pointus, ceux-ci restaient des exceptions dans le secteur. En effet, le foot a longtemps était bien séparé du monde des fashions. Pourtant, aujourd’hui, les limites semblent floues faisant de ces sportifs des fashion icons. Mais pourquoi un intérêt si fort, si partagé et si soudain pour la mode ? 

Tout d’abord, les footballeurs bénéficient d’une très forte visibilité sur les réseaux sociaux, comme en témoigne le compte de Mbappé qui avoisine les 131 millions d’abonnés. Selon Maria MacKinney-Valentin, spécialiste de la mode, l’accessibilité médiatique offerte par les réseaux sociaux suffit à fédérer une communauté mondiale autour du foot. Les marques profitent de cette visibilité en offrant des pièces à ces joueurs (dans la grande majorité des cas). Ces derniers agissent ainsi comme des influenceurs de l’industrie de la fringue. 
En plus d’avoir une grande visibilité, les footballeurs sont des hommes jeunes, riches et influents, qui viennent des quatre coins de la planète. Ils sont des figures d’inspiration pour bon nombre de jeunes gens à l’international. Ainsi, les marques qui se baladent sur le corps de ces sportifs, sont vues par des millions de personnes, et attirent l’attention d’une population désireuse de leur ressembler et qui – potentiellement – ne s’intéressait pas encore à l’industrie de la mode. C’est une jolie passe dé que fait l’industrie du football au secteur du luxe en lui offrant son public en potentiel client. 

Deuxièmement, l’apparence physique est un sujet d’attention commun. Et on en revient à la même cause : la digitalisation de notre sphère sociale qui met l’accent sur l’apparence de chacun. Notre génération est sans doute la plus photographiée, filmée et « stalkée ». Cette omniprésence des caméras influence notre cerveau à plusieurs niveaux. D’abord, nous sommes de plus en plus nombreux à nous intéresser à notre apparence. De plus, les espaces publics nous semblent constamment sous l’œil des caméras. On en vient à contrôler nos postures et nos déplacements comme si une paire d’yeux était constamment braquée sur nous. Enfin, nos profils sur les réseaux sociaux fonctionnent comme des avatars d’une version idéalisée de nous-mêmes, qu’il faut alimenter régulièrement. Qu’on soit footballeur ou non, on n’échappe pas vraiment à cette configuration de notre environnement. 

Troisièmement, ils sont aussi bien fringués parce qu’ils en ont les moyens. Comme à chaque génération, le luxe est un marqueur social de richesse. Porter du LV à l’arrivée à Clairefontaine montre le pouvoir économique du joueur, et par extension, sa valeur auprès des autres clubs. Les joueurs ont intérêt à montrer que leur train de vie coûte cher. Ils auraient peut-être un peu moins de pouvoir de négociation s’ils se faisaient surprendre sur le parking avec un club sandwich poulet-crudités sorti tout droit du sac à dos Quechua (meilleure marque de tous les temps, au fait).

On peut dire que le glow up récent des footballeurs n’est rien d’autre qu’une illustration d’une industrie de la mode capitaliste qui investit sur plus beaux profils pour jouer sur la capacité d’identification du plus grand nombre. Dans un contexte hyper-digitalisé où tous les corps sont filmés, photographiés et observés en permanence, il vaut mieux qu’ils soient bien habillés, car tout le monde regarde.

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